août 28

Face à la crise de Régime, vite la 6ème République !

Face à la crise de Régime, vite la 6ème République !

Adrien Quatennens – Jeudi 28 Août 2014

François Hollande commémore

On avait entendu le 14 Juillet dernier, le Président de la République nous annoncer que la politique du gouvernement Valls allait finir par payer et que, à bien y penser, il sentait venir la reprise. Après quoi, il est retourné aux commémorations, pendant que les français continuaient d’observer l’échec de sa politique. Et derrière cet échec et cette persistance dans la politique de l’offre et de l’austérité, derrière cette indexation idéologique au MEDEF, à la Commission Européenne et aux injonctions de Madame Merkel, tant de souffrances chez les français pour si peu de résultats. Même la croissance, qui chez ces gens-là est pourtant religion, les boude. Quant au chômage n’en parlons pas ! C’est au moment où la nouvelle hausse du chômage est annoncée, au moment où l’on apprend que les entreprises du CAC40 ont augmenté de 30% leurs dividendes versés aux actionnaires que Valls fait une déclaration d’amour au MEDEF (qu’il confond visiblement avec « les entreprises ») et nomme un ancien financier, cheville-ouvrière du tournant libéral de la politique de Hollande, Ministre de l’Economie. C’était pourtant le candidat Hollande qui disait en 2012 « Mon ennemi, c’est la finance ! » (c’était au temps où il apparaissait un brin sensé). L’économie de notre pays est malade de la Finance prédatrice. L’économie européenne est malade de la politique d’Angela Merkel, qui soucieuse de satisfaire son électorat composé d’une population vieillissante disposant de retraites par capitalisation, a besoin d’un Euro fort. François Hollande avance aveuglément et semble incapable de penser un autre projet politique.

Chaud devant, aveuglément !

Il y eût la sortie du gouvernement des ministres issus d’Europe-Ecologie-Les-Verts, il y eût les frondeurs du Parti Socialiste, la remise en cause même du terme « Socialiste » par Manuel Valls, il y eût l’autre Gauche, la vraie, qui n’en pouvait plus que le mot « Gauche » puisse être associé à la trajectoire politique assumée par Hollande et Valls, il y eût la Droite qui, empêtrée dans ses affaires, ne cessât jamais la critique (et pourtant, la Droite devrait se contenter d’être heureuse, François Hollande se chargeant mieux qu’elle-même d’appliquer sa propre politique), il y eût la claque des Municipales, l’uppercut des Européennes, il y eût les frondeurs, les affligés, les atterrés, les tout-ce-que-vous-voudrez, il y eut, enfin la critique des ministres Montebourg et Hamon, la démission du Gouvernement Valls 1er et, malgré tout cela, François Hollande, droit dans ses bottes assume : Rien ne va plus ? On continue et qu’aucune tête ne dépasse ! C’est à n’y rien comprendre ! Même à pousser l’analyse, on se perd à chercher pourquoi François Hollande, dont la politique semble avoir touché le fond, ne s’arrête pas de creuser.

« Devoirs de Vérité »

S’il est une chose dont personne ne peut plus douter désormais, c’est que ce n’est pas en changeant quelques têtes, pas plus qu’en changeant de majorité que la crise profonde de régime qui se révèle va se résorber. En effet, les gens attendent un changement profond et radical qui améliore leurs conditions de vie et ils observent bien que leurs votes ne changent rien et que nos Institutions permettent aux élus, quand ils n’agissent pas pour leur propre compte ou celui de leur caste oligarchique, de faire l’inverse de ce pourquoi ils ont été élus. Par conséquent, il ne peut être question d’attendre les prochaines échéances électorales en faisant notre petite soupe politique sans remettre en cause de fond en comble les fondements mêmes de nos Institutions. A l’heure qu’il est, nous ne pouvons que renvoyer François Hollande à ses propres écrits de 2006 quand, dans son livre « Devoirs de Vérité », il prônait la « vérification démocratique » à mi-mandat. Cela pourrait prendre la forme d’un référendum révocatoire qu’au Parti de Gauche, nous appelons de nos vœux. Car ce régime de monarque présidentiel vient d’achever sa démonstration d’appartenance au passé. Il est plus que temps d’en changer. Il est plus que temps de passer sur la Cinquième République un large et ample coup de balai.

« Le système n’a pas peur de la Gauche, il a peur du Peuple »

En cette phrase, nous résumons notre analyse du moment politique. Quand le mot « Gauche » est associé à la politique économique de Droite menée par le gouvernement Valls, cela nous coûte cher. Quand l’idée même de Gauche est remise en cause, quand les structures partisanes assises sur le jeu électoral de la Cinquième République font se désintéresser le Peuple de sa propre cause, alors nous devons tirer cette conclusion que « le système n’a pas peur de la Gauche, qui lui mange dans la main. Le Système a peur du peuple ». Or, le peuple, pour les raisons que nous venons d’évoquer, décide de plus en plus de nous dire « si c’est comme cela, débrouillez-vous, moi je ne m’en occupe pas ! ». C’est ce qui s’est passé aux dernières Elections Européennes, avec le résultat que l’on sait. Or, il est plus que temps que tout le monde s’en mêle. Pour cela, il nous faut des Institutions et des instruments qui permettent au peuple de se réapproprier sa souveraineté, de ne plus la confier à quelques-uns qui n’en respectent rien. Il est temps de fédérer le Peuple et de lui donner les moyens de s’en mêler pour de bon.

« Vite, la 6ème République »

Au Parti de Gauche, nous menons depuis le début ce combat pour la 6ème République qui constitue la base de notre projet Ecosocialiste. Si nous venions à gouverner ce pays, la première chose que nous ferions serait de convoquer une Assemblée Constituante (elle serait composée de personnes non-élues au moment de sa convocation et qui ne pourrait être élues après les travaux de rédaction de la nouvelle Constitution). Ainsi, le Peuple participerait tout entier à la refonte de ses Institutions en se les appropriant pendant tout le processus constituant, redéfinissant ainsi le cadre et la règle du jeu. Des droits nouveaux pourraient être inscrits dans la nouvelle Constitution, de même que des principes généraux pour la France comme la Règle Verte qui pourrait mettre notre pays à l’avant-garde des questions écologiques. Bien évidemment, la Constituante pour la 6ème République n’apporterait pas immédiatement et en tant que telle les réponses attendues par les citoyens à la crise sociale et écologique et nous ne devons pas nous focaliser uniquement sur cet objectif. Mais elle serait inévitablement un moyen pour le Peuple de récupérer sa souveraineté et, sur cette nouvelle base de décider de ce qui est bon pour lui et de le faire ensuite appliquer par le biais des nouvelles Institutions. Notre projet écosocialiste doit également continuer à être porté avec force car il apporte les réponses nécessaires aux problèmes de notre temps. Nous allons aussi nous saisir de la question essentielle de la citoyenneté dans l’entreprise à l’heure où les touristes-pompeurs de la finance à court-terme ont remplacé dans les grandes entreprises les ingénieurs qui s’engageaient pour le long terme avec un horizon porteur d’avenir pour l’économie. Ils arrivent à trouver des travailleurs « moins chers » ? Nous allons trouver des patrons qui coûtent moins chers car ceux-là coûtent horriblement chers et sont, en plus, incapables d’autre chose que de gérer leur petite comptabilité de boutiquiers, leurs portefeuilles pour unique horizon alors que nous avons besoin d’imagination, d’inventivité et de nous réapproprier le temps long ! Nous ne confondons pas les grandes entreprises et les PME et artisans. Nous ne confondons pas les entreprises et les actionnaires. A l’heure où la dette écologique de l’Humanité s’avance d’années en années, nous devons aussi être en pointe pour nous assurer que ce que nous produisons n’altère pas davantage notre biosphère. Nous avons le souci d’une économie organisée de manière socialement utile et écologiquement soutenable.

« Fédérer le Peuple »

Pour autant, nous savons que cette ambition de la 6ème République ne peut rester celle du Parti de Gauche. Nous savons aussi que l’échéance électorale de 2017 ne sera pas une élection mais une insurrection. C’est une insurrection civique que nous souhaitons. Pour le moment et avec les élections Européennes, le cratère s’est ouvert du mauvais côté de la montagne. Nous constatons notre échec. Nous constatons que l’hégémonie culturelle en France n’est pas de notre côté. Conscient du noir dessin que cela pourrait produire en 2017, notre réponse ne peut pas être et ne sera pas de chercher à rassembler la Gauche. C’est bien au delà et sur un objectif nettement supérieur qu’il nous faut travailler : Il nous faut fédérer le Peuple.

« Un nouveau dispositif de combat »

Pour répondre à cet objectif, nous mettons notre porte-parole le plus ample en la personne de Jean-Luc Mélenchon à disposition du combat pour la 6ème République. C’est la raison pour laquelle, à l’occasion du Remue-Méninges estival du Parti de Gauche à Grenoble, Jean-Luc Mélenchon a annoncé son retrait de la co-présidence de notre Parti afin de pouvoir s’employer entièrement à la formation d’un mouvement pour la 6ème République. Mouvement qui vise à rassembler bien au delà du Parti de Gauche et du Front de Gauche. Bien au delà même des partis politiques et des associations, ce mouvement invite toutes celles et ceux qui veulent s’y mettre, ayant compris qu’il est temps, à nous rejoindre. Ce mouvement ne sera pas porté par un chef autoproclamé. Si Jean-Luc Mélenchon va se mettre en pointe pour impulser sa formation, le mouvement pour la 6ème République sera un mouvement par et pour le Peuple auquel chacun peut prendre part. Vous comprenez donc que, plutôt qu’un retrait ou qu’une retraite annoncée dont il n’est rien, Jean-Luc Mélenchon est déjà au travail. C’est ainsi que se déploie notre nouveau dispositif. Ainsi que nous faisons le pari que rien n’est encore joué pour 2017 malgré les hommes et femmes providentiels qui pourraient être tentés de rejoindre cette course folle, malgré les médias déjà capables de nous annoncer les résultats ! L’implication du Peuple est une nécessité à laquelle nous allons vigoureusement travailler pour faire de cette élection une insurrection civique qui nous sorte de l’impasse de ce régime, une insurrection civique qui permette le changement radical nécessaire, seul capable de faire que viennent les beaux jours. Faîtes-le savoir autour de vous, mêlez vous-en ! Demain est à nous !

août 28

Le Parti de Gauche s’oppose à toute remise en cause des 35 heures

Le Parti de Gauche s’oppose à toute remise en cause des 35 heures

Jeudi 28 Août 2014 | Guillaume Etiévant, Secrétaire National à l’économie et au travail

Emmanuel Macron, banquier de Rotschild devenu ministre de l’économie, souhaite que les entreprises puissent déroger à la durée légale du travail et ainsi faire travailler les salariés plus de 35 heures sans leur accord individuel et sans majoration. Cela entrainera donc des baisses de salaires pour tous les salariés qui effectuaient des heures supplémentaires jusqu’à présent.

Le gouvernement Valls, plutôt que de se faire acclamer à l’université d’été du Medef et de multiplier les attaques contre les salariés, ferait mieux de donner un emploi aux 5 millions de chômeurs que compte notre pays.

Les solutions pour cela sont connues : investissements publics, réquisition puis nationalisation ou mise en coopérative, embauche massive de fonctionnaires, réduction du temps de travail, sécurisation des salariés dans l’entreprise, protectionnisme solidaire.

Ce ne sont pas les actionnaires qui créent la richesse et l’emploi mais bien les salariés eux-mêmes. Il est urgent de les rendre maitre de leur destin par la 6ème République qui mettra en place la citoyenneté dans l’entreprise, c’est-à-dire l’appropriation collective et républicaine des outils de production.

août 25

Le Peuple doit être appelé aux urnes !

Le Peuple doit être appelé aux urnes

 Le Peuple doit être appelé aux urnes !

Après la démission de son premier ministre, François Hollande vient d’annoncer un gouvernement Valls 2 pour demain.

La pression aura ainsi été trop forte pour le Président de la République : non seulement sa politique ne fonctionne pas mais en réalité elle ne dispose plus de majorité.
Dès lors la volonté de poursuivre et d’intensifier la même politique avec Manuel Valls est invraisemblable et au final illégitime.
En procédant ainsi le Président de la République entraîne le pays dans une voie suicidaire socialement mais aussi démocratiquement.

Ce n’est pas d’un remaniement à huis clos que viendra la solution, mais du peuple lui-même. En 2006, dans son livre « Devoirs de Vérité », François Hollande avait promis de procéder à une « vérification démocratique » à mi-mandat. Le Parti de Gauche propose à F. Hollande de mettre en pratique ses promesses et de procéder dès à présent à cette vérification. Dans le cadre d’une 6ème République, ce contrôle citoyen passerait par des référendums révocatoires. Pour surmonter par le haut cette crise démocratique, la solution la plus démocratique serait de procéder à l’élection de délégués à une Constituante. Nous, nous savons que F Hollande n’aura pas ce courage.

C’est le peuple qui doit dire s’il a confiance : le Parti de Gauche exige donc un retour immédiat aux urnes.

août 20

Martine Billard: «Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol»

Martine Billard: «Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol»

Créé le 19/08/2014 à 09h55 — Mis à jour le 20/08/2014 à 20h16 | http://www.20minutes.fr/politique/1429783-martine-billard-faut-grande-clarification-front-gauche-prenne-envol

INTERVIEW – La coprésidente du Parti de gauche pointe l’attitude du PCF, qui s’allie parfois au PS ce qui, à son sens, brouille la ligne politique…

Le Parti de gauche fait sa rentrée politique ce jeudi, avec ses «remue-méninges» de Grenoble (jusqu’à dimanche), dans un climat morose.

Aux municipales, le Front de gauche s’est désagrégé avec les alliances entre le PCF et le PS et les piques entre les deux partis se sont multipliés. Exténué, Jean-Luc Mélenchon a dressé un constat d’«échec» du Front de gauche, disant par ailleurs ne plus vouloir apparaître en première ligne. 20 Minutes fait le point sur le Parti de gauche, le Front de gauche et leur avenir avec Martine Billard, la coprésidente du PG.

Pour la première fois, PG et PCF font leur université d’été séparément… Un symbole du malaise actuel?

On a eu des difficultés, on s’y est pris un peu tard après les européennes. Mais c’est vrai que ce n’est pas seulement une histoire de timing, l’ambiance n’a pas été au beau fixe dernièrement. On a jugé qu’il serait plus productif qu’on se retrouve à la rentrée, le 6 septembre, pour discuter entre nous. Nous avons besoin de travailler, de voir où nous en sommes pour voir où nous voulons aller. Ce qui est sûr, c’est que nous ne voulons plus nous retrouver, à la veille d’une échéance électorale, dans la même situation qu’avant les municipales, sans clarté sur la ligne politique.

Jugez-vous comme Jean-Luc Mélenchon que le Front de gauche est «en échec»?

Par rapport aux objectifs que nous nous étions fixés, 2014 a été une mauvaise année. Nous n’avons pas progressé, nous n’avons pas élargi et approfondi le Front de gauche. Le manque d’unité d’expression politique du Front de gauche au niveau national a en effet fragilisé le mouvement. On ne peut pas critiquer le gouvernement, à juste titre, voter contre ses textes, à juste titre, et ensuite publier des déclarations qui appellent à l’union entre le PCF et le PS. Si aux municipales, ça n’avait été que quelques cas locaux… Mais 52 % des listes du PCF étaient avec le PS… Le PCF est un parti historique, on savait quelles étaient ses habitudes mais on ne pensait pas qu’il repartirait sur les mêmes schémas. A Grenoble, à Rennes, nous avons été avec les écologistes, et ça a fonctionné.

Comment relancer le Front de gauche?

Le PCF doit lever son ambiguïté avec le PS pour redonner confiance à ses partenaires. Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol. Nous ne voulons pas être la marge de manœuvre que le PC utilise seulement quand le PS ne veut plus de lui. On a l’impression d’être utilisé dans les négociations du PC avec le PS et on le voit en ce moment avec les sénatoriales. On ne peut pas construire une force avec une telle absence de confiance et un problème de ligne politique

Et puis, il faut qu’on ouvre grand les portes du Front de gauche pour dépasser le cartel d’organisations que nous sommes actuellement. Il faut convaincre des militants de nous rejoindre et continuer à discuter, à travailler, avec des frondeurs du PS, avec EELV, avec le NPA, Nouvelle donne, tous ceux qui s’opposent à la politique du gouvernement, pour construire l’espoir d’une majorité alternative.

N’y a-t-il pas un problème de personnalité, avec un Jean-Luc Mélenchon qui serait jugé trop clivant, qui aurait trop personnalisé?

Jean-Luc Mélenchon a été notre candidat à la présidentielle, la principale élection de la Ve République: qu’il le veuille ou non, cette élection polarise, personnalise. C’est le système français. Mais choisir un candidat à la présidentielle en espérant qu’il fasse un bon score, utiliser ce bon score pour ses petites affaires et le rejeter ensuite, ce n’est pas correct. Avec sa personnalité, Jean-Luc Mélenchon nous a beaucoup aidés à la construction du Front de gauche il y a cinq ans.

Comment vous analysez ces critiques?

Certains pensent qu’il tape trop fort sur le PS et préfèrent en faire une affaire de personnalité plutôt que de parler de réels désaccords politiques de fond. C’est moins un problème de personne que de ligne.

Mélenchon lui-même souhaite prendre du champ… Le PG peut-il survivre sans lui en première ligne?

Jean-Luc Mélenchon sera toujours là mais c’est vrai que nous voulons mettre en avant d’autres personnalités émergentes au Parti de gauche. C’est toujours difficile, on l’a déjà vu, les médias disent « c’est Jean-Luc Mélenchon ou personne ». Nous avons une année 2015 sans échéance électorale qui va nous permettre de souffler un peu, de réorganiser nos forces et de relancer le travail théorique.

Le Parti de gauche peut-il survivre à une éventuelle fin du Front de gauche?

Nous sommes un vrai parti de militants, avec 12.000 adhérents, dont beaucoup de jeunes. Je ne suis donc pas inquiète pour l’avenir du PG qui est le seul à avoir réussi la synthèse des questions sociales, écologiques et institutionnelles.

Et pourtant, vous n’attirez pas les déçus de François Hollande…

Ce n’est pas automatique! Les pays où la gauche de la gauche marche sont ceux où la crise sociale a été beaucoup plus importante qu’en France. Et je ne souhaite pas à mon pays une crise plus grave. Le PS français termine la mue que les autres PS européens ont terminée: s’aligner sur les politiques libérales. Alors les électeurs le vivent comme une trahison et leur réaction est pour l’instant le repli. Mais c’est vrai, on n’a pas réussi à entraîner les déçus de François Hollande. C’est l’enjeu de cette année.

août 20

Le Parti de Gauche et Mélenchon reviennent pour leurs universités d’été

Le Parti de Gauche et Mélenchon reviennent pour leurs universités d’été

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2014/08/20/le-parti-de-gauche-et-jean-luc-melenchon-reviennent-sur-le-campus-pour-leurs-universites-d-ete-fxiz

jean luc melenchon cofondateur du parti de gauche arrive des jeudi a grenoble il fera la conclusion de la seance pleniere dimanche a midi sur le campus Le Parti de Gauche et Mélenchon reviennent pour leurs universités d’été
Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche, arrive dès jeudi à Grenoble. Il fera la conclusion de la séance plénière dimanche à midi, sur le campus.

C’est “le” rendez-vous politique de la rentrée en Isère, celui qui a lieu, depuis plusieurs années déjà, sur le campus universitaire de Saint-Martin-d’Hères, du côté de l’université Stendhal.

Le “Remue-méninges” (ou universités d’été) du Parti de gauche (PG) revient donc en Isère du 21 au 24 août. Différents ateliers, tables rondes et projections de films sont proposés aux militants du parti créé par Jean-Luc Mélenchon en 2009.

Concernant les deux premières journées, il faut noter qu’elles sont réservées aux militants encartés. Mais dès samedi, le “Remue-méninges” s’ouvre au public et aux sympathisants. À 14 heures, le thème du débat portera sur “L’écosocialisme, nouvelle doctrine de l’émancipation humaine”. Celui-ci sera animé par Eric Coquerel et Corinne Morel-Darleux, avec la présence d’intervenants nationaux et internationaux : Francis Parny, Laurence Lyonnais, Liem Hoang-Ngoc, François Ruffin, Henri Peña Ruiz, Christine Poupin.

Ouverture au public samedi et dimanche

D’autres débats, comme “De Jaurès à Robespierre, histoire et hégémonie culturelle”, “La dette, instrument de mise au pas des citoyens”, “Non au GMT !”, “Quelles mesures d’urgence pour l’emploi ?”, sont aussi programmés tout au long de la journée, de même que la projection du film “Résistance naturelle” en présence du réalisateur Jonathan Nossiter.

Si, pour l’instant, toutes les tables rondes sont annoncées sur le campus, la première sur l’écosocialisme pourrait être délocalisée, en fonction de la météo, en plein air, non loin de la mairie de Grenoble.

Enfin, dimanche, la grande plénière est programmée à 10 heures. Elle est intitulée “Qu’ils s’en aillent tous, vive la constituante !”. Jean-Luc Mélenchon – qui arrive dès jeudi sur Grenoble – en fera la conclusion de midi à 13 heures.

août 16

La croissance, pour quoi faire ?

La croissance, pour quoi faire ?

Adrien Quatennens – 16/08/2014

 

Sortons les mouchoirs !

Les chiffres de la croissance au deuxième trimestre sont tombés, et avec eux bon nombre de prévisions.

Selon l’INSEE, après un premier trimestre de stagnation, la croissance française est restée au point 0 au deuxième trimestre.

Les prévisions de croissance annuelle doivent donc être revues à la baisse et cette stagnation du niveau de la production française serait la cause de tous nos maux. Bref, traduisons : Cela va mal et cela risque de continuer à aller mal !

Et qu’en est-il alors de nos amis du « modèle allemand » ?

Eh bien, il n’y a décidément pas de « modèle allemand » car celui-ci ne s’en porte pas mieux. Sa croissance, à lui, recule carrément au deuxième trimestre !

Bref, rien ne va plus, c’est le chaos, sortez les mouchoirs ! Il n’y en a plus dans le placard ? Courrez au magasin en acheter, vous ferez peut-être augmenter la croissance !

Où sont-ils, les magiciens ?

Mais alors, on ne comprend plus rien, où sont-ils ces petits génies qui voyaient venir la reprise ? Ceux-là même qui nous disaient les yeux dans les yeux « sentir » la reprise économique ? Où sont-ils ces grands magiciens des hautes sphères bruxelloises qui, à grands coups de lattes austéritaires nous promettaient des lendemains qui chantent ?

Ces gens là, malgré les chiffres qui tombent aujourd’hui en appellent à notre patience. Ils nous somment de croire qu’à force de persévérance, leur traitement de cheval va finir par guérir l’économie malade.

Ce tour là nous a été servi de trop nombreuses fois et les ficelles sont trop grosses pour ne point être vues.

En effet, tout le monde voit bien aujourd’hui que le traitement ne fait qu’aggraver la maladie et que la politique d’austérité nous mène tout droit à la récession.

Depuis leurs tours de verre, ils n’agissent que par pure idéologie. Sont-ils seulement capables de réflexion ? Nous sommes en droit de nous poser la question.

Les chiffres qui leur tombent sur le coin de la tête ne sont qu’à leur niveau : nuls.

Il est grand temps qu’ils s’en aillent tous !

 

Mais au fait, c’est quoi la croissance ?

 

Alors nous, qui ne disposons pas tous d’un doctorat en Economie, nous voyons bien que cela a l’air grave. Nous voyons bien que cette « croissance » a tout l’air d’être la religion la plus en vogue et qu’ils sont de nombreux gourous à nous prêcher la bonne parole (experts-économistes-médiatiques, androïdes de la commission européenne, gouvernements…). On sait que chaque trimestre, quand ce chiffre stagne ou diminue, nous devons pleurer et que quand il avance, nous devons faire la fête ! Mais au fait, c’est quoi la croissance ?

Si l’on se contente de l’expliquer sur le plan « comptable » ou mathématique, la croissance économique est la mesure de l’augmentation de la production de biens et de services dans un pays. C’est l’évolution de la richesse produite sur le territoire entre deux années ou entre deux trimestres. La production d’un pays est mesurée par le PIB (Produit Intérieur Brut). Le PIB est la somme des valeurs ajoutées (c’est à dire la différence entre la valeur produite et les consommations intermédiaires nécessaires à cette production). Le Produit Intérieur Brut d’un pays est en fait la somme de toutes les valeurs ajoutées des producteurs résidant dans ce pays. Enfin, la croissance est l’évolution du PIB sans tenir compte de la variation des prix.

Cela sert à mesurer la « bonne santé économique d’un pays ». En effet, il s’agit des richesses créées par un pays. Selon l’INSEE, deux tiers des richesses créées servent à rémunérer le travail des salariés et des personnes travaillant à leur compte, le tiers restant servant aux entreprises et aux administrations publiques. Les revenus des ménages sont utilisés pour consommer des biens et des services ou épargner (l’épargne étant de la consommation reportée à plus tard). Les entreprises utilisent leur part pour financer les moyens nécessaires à leur production et les administrations publiques s’en servent pour financer les investissements publics. La richesse produite, mesurée par le pays, c’est aussi l’ensemble des revenus distribués, la consommation et l’investissement et donc, en fait, la dépense.

 

La croissance, pour quoi faire ?

 

C’est dès lors que l’on se pose cette question que l’on touche aux limites de cet indicateur pourtant central dans notre économie. En effet, on peut se poser la question de l’utilisation centrale d’un tel indicateur qui ne mesure que la valeur des échanges économiques. Le PIB a de nombreuses limites. Il ne prend pas en compte les richesses qui ne résultent pas d’activités de production (plus-values boursières, par exemple). Les activités domestiques et bénévoles en sont exclues. En revanche, des activités absolument nuisibles sont comptabilisées dans le PIB. Ainsi, un embouteillage crée du PIB en augmentant la consommation d’essence et par là-même, l’activité de l’industrie pétrolière alors qu’il nuit à l’environnement et fait perdre du temps. Un accident de la route, le nettoyage d’une marée noire sont autant d’activités qui participent à la croissance.

La première limite du PIB, c’est qu’il ne reflète ni la nature ni l’impact environnemental de l’activité économique.

La croissance comme indicateur central d’une économie est en fait la résultante d’un imaginaire : croître c’est grandir, c’est progresser, c’est s’améliorer, c’est positif, cela apporte le bonheur. Or, on voit bien que ce n’est pas le cas.

La croissance participe du système productiviste, le capitalisme étant perçu par beaucoup comme étant le moyen le plus efficace de croître. Pour fonctionner, ce système use du travail et de la technologie sur fond de concurrence et de compétitivité.

Ce faisant, ce système est surtout créateur d’inégalités et participe de la catastrophe écologique qui s’avance à grands pas.

Mais, cela fait le lien avec mon article précédent, quelle est la finalité de nos activités ? Ce devrait être le bonheur humain. Or, cette simple définition de la croissance économique suffit pour affirmer qu’elle ne fait pas le bonheur.

Mais plus encore, là où l’on observe toute l’absurdité d’un modèle économique mondial basé sur la croissance, c’est quand on pose la question environnementale : Comment peut-on croire à une croissance illimitée au point d’en faire un objectif économique sur une planète aux ressources limitées ?

 

Si la croissance ne fait pas le bonheur alors que faire ?

 

En ces heures sombres où l’humain semble être davantage au service de l’économie que l’économie n’est au service de son bonheur, où la catastrophe écologique avance à une vitesse telle qu’il n’est plus seulement question de changer nos façons de faire mais qu’il s’agit désormais de changer vite, où les inégalités perdurent, les divisions s’exacerbent semant la guerre que l’économie mondialisée devait permettre d’éviter, on voit bien que la croissance économique ne répond pas aux exigences du nouveau Monde qu’il nous faut construire.

S’il y a des domaines dans lesquels il faut croître (santé, qualité environnementale…), il y a l’inverse bien des domaines dans lesquels il faut décroitre (créations de besoins inutiles, consommations ostentatoires, gadgetisations…).

Il est plus que temps de faire cesser ce grand déménagement du Monde sur fond de concurrence internationale qui nous fait courir à la catastrophe.

Il est grand temps d’envisager l’économie au sein de rapports de coopération et de mettre ainsi fin aux rapports de compétition.

Car, tant que notre économie mondiale sera basée sur la recherche de croissance économique, il s’agira toujours de créer de nouveaux besoins et d’alimenter la machine infernale du productivisme. Et, tant que le cadre de la production restera la concurrence et la compétition, les conditions sociales et environnementales de la production seront toujours les moins exigeantes si cela coûte moins cher.

Il est urgent de mettre des indicateurs alternatifs à la croissance au centre de nos préoccupations économiques (qualité de vie, qualité environnementale, développement humain, prise en compte du travail non productif, du bénévolat et du travail domestique). Cela est prôné depuis longtemps par de nombreux économistes.

Si nous ne le faisons pas, quel regard porteront sur nous nos enfants dans quelques décennies quand cette planète, à force d’en épuiser les ressources de façon anarchique, sera devenue inhabitable et qu’ils s’apercevront que les débats qui occupaient leurs parents reposaient sur « le chiffre de la croissance »,  « la compétitivité économique » ou encore « le niveau des déficits publics » ?

Nous devons nous employer à construire le Monde de demain. Celui-ci requiert bien plus d’intelligence et de savoir-faire que ceux dont disposent tous les androïdes de la Commission Européenne réunis. Celui-ci demande bien plus d’huile de coude et de travail que tous les idéologues du gouvernement et du Medef ne sont capables de fournir.

Finalement, la question qui se pose est peut-être la suivante : Serions-nous trop fainéants pour être intelligents ?

 

Le poison et l’antidote

 

Pour terminer cette note en pensant à tous ceux qui sont en vacances et qui préfèrent le visionnage à la lecture, je vous propose deux échantillons de poison et un embryon d’antidote vidéographique.

 

Le premier est un documentaire de Josh Fox, « GasLand » sur l’extraction américaine des gaz de schiste. Diffusé sur Arte mardi dernier, c’est calorique à en vomir et c’est à ne pas manquer ! Par ici : https://www.youtube.com/watch?v=HhnrHCHVHu4

 

Le second est un excellent documentaire sous forme de dessin-animé à mettre entre toutes les mains ! Il démontre de façon très ludique et pédagogique en quoi un modèle économique basé sur la croissance est un modèle « sans lendemain » : https://www.youtube.com/watch?v=a0J2gj80EVI

 

Enfin, le dernier pourrait être l’antidote aux deux précédents. J’ai découvert cette initiative sur le site internet du quotidien de l’écologie, Reporterre. Mélanie Laurent (oui, oui, l’actrice et réalisatrice française bien connue) et Cyril Dion (responsable d’une ONG) ont entrepris le tournage d’un documentaire ayant fait l’objet d’une campagne de financement sur Internet dont l’objectif est de montrer aux spectateurs les initiatives alternatives qui changent la vie à travers le Monde et qui contribuent ainsi à construire le Monde de « Demain ». La ministre de l’écologie a reçu les deux compères et leur a indiqué que le film serait diffusé devant les différents chefs d’Etats présents lors du sommet mondial sur le climat qui se tiendra en décembre 2015 à Paris. Un film qui appelle donc beaucoup d’espoirs et dont on espère ne pas être déçus. Peut-être sera t-il une réponse à la question posée pour conclure la précédente partie de mon développement. Le teaser, c’est par ici : https://www.youtube.com/watch?v=DHNnpgswImE

août 10

Chronique ukrainienne : Il faut arrêter l’engrenage d’urgence

Frédéric Martin-Bouyer, Commission Europe

Chronique ukraine 61 Chronique ukrainienne : Il faut arrêter l’engrenage d’urgence

Cela fait plusieurs semaines que ces chroniques n’ont pas été alimentées, non pas que la situation de l’Est de l’Ukraine se soit améliorée, mais ce suivi n’aurait servi qu’à faire un décompte macabre (dont la population civile du Donbass paie le plus lourd tribut), tant les autorités dirigeantes persistent et s’obstinent à répondre par les armes aux revendications d’autonomie de cette région. Il aurait fallu également commenter et tirer des conclusions hâtives comme se sont empressés de le faire tous les journaux du monde, sans le moindre début d’élément d’enquête, sur la tragédie du vol MH17. A ce titre il est intéressant de noter aujourd’hui que les preuves prétendument possédées par le renseignement Etatsunien, accusant les insurgés, n’ont à ce jour jamais été présentées. Les premières observations des observateurs de l’OSCE, n’ont pour autant, elles, jamais été relayées par la presse. https://www.youtube.com/watch?v=7ze9BNGDyk4
LES ONG DENONCENT LES AGISSEMENTS DE L’ARMEE UKRAINIENNE
Et nombres d’ONG et d’organisations « légitimes » aux yeux des pays atlantistes, ont pu constater et rapporter les dégâts civils importants induits par l’opération dite « anti-terroriste » du gouvernement de Kiev. Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, le bilan est de 1367 tués, 4087 blessés, et 730 000 réfugiés. Il est également intéressant d’observer que la plupart des réfugiés choisissent de se rendre en Russie, qui est présenté comme le seul agresseur de ce conflit. Human Rights Watch et Amnesty international, généralement très alignés sur Washington ont tout de même émis des rapports mettant sérieusement en cause la régularité et les dégâts de l’opération militaire. La première a écrit ici une lettre ouverte au président d’Ukraine Poroshenko dénonçant les crimes de guerre de l’armée ukrainienne : http://www.hrw.org/news/2014/07/18/ukraine-letter-president-poroshenko-military-operations-lugansk-and-donetsk . La seconde dénonce l’impunité concernant les enlèvements et les mauvais traitements commis par les milices pro Kiev : http://www.amnesty.org/en/news/Impunity-reigns-for-abductions-ill-treatment-eastern-Ukraine-06-08-2014 . La croix Rouge internationale dénonce quand à elle la situation humanitaire très grave à l’est du Pays: http://www.icrc.org/eng/resources/documents/news-release/2014/08-08-ukraine-humanitarian-situation-deteriorates-east.htm . Depuis peu Lughansk, ville de plus de 1 millions d’habitants est privée d’eau et d’électricité. Les bombardements et les tirs d’artillerie font rage dans le centre-ville de Donetsk.

 Chronique ukrainienne : Il faut arrêter l’engrenage d’urgence

UNE INSTABILITE DE PLUS EN PLUS FORTE
Mais différents évènements particulièrement inquiétants pour la stabilité de l’Ukraine et de l’Europe se succèdent ces derniers jours. Dans un communiqué récent, nous dénoncions l’invitation qui a été faite au fondateur du parti national socialiste d’Ukraine (et responsable du conseil de sécurité nationale et de défense) par le Parti Populaire Européen (auquel participe l’UMP française) au parlement. http://www.lepartidegauche.fr/actualites/communique/le-fondateur-parti-national-socialiste-d-ukraine-recu-par-le-parti-populaire-europeen-au-parlement-29495. Ce dernier a présenté sa démission il y a peu sans donner de raisons. De plus, M.Yatsenouk, premier ministre, a lui aussi présenté sa démission avant de se raviser, arguant que les caisses étaient vides, qu’on ne pouvait plus mette d’essence dans les chars. C’est dire le point déliquescence de cette armée, qui voit des divisions entières se rendre à la Russie. Les réservistes conscrits se voient aujourd’hui piégés : Sous couvert d’un « exercice », ils sont directement envoyés au front. Beaucoup n’en reviendront pas. De nombreuses voix commencent à s’élever dans le pays – les femmes notamment- et un groupe parlementaire « pour la paix » a récemment demandé la dé-classification des rapports sur le bilan humain réel estimé selon leurs observateurs a au moins 10 000 morts. L’interdiction du parti communiste que nous dénoncions ici est également un point très préoccupant et le signe d’un état déplorable de la démocratie dans le pays. http://www.lepartidegauche.fr/actualites/communique/ukraine-coup-force-antidemocratique-la-majorite-liberale-fasciste-29407
PLUS D’EAU CHAUDE A KIEV AFIN DE GARDER DU GAZ POUR CET HIVER…
C’est dans ce contexte que Vitaliy Klitschko, maire de Kiev, a annoncé la coupure d’eau chaude pour la ville, afin de « conserver les ressources en gaz car chacun sait que l’hiver sera très dur ». Les habitants se sont vus encouragés à faire des travaux d’isolation. Autrement dit, il n’y aura pas de chauffage cet hiver dans ce pays ou les températures descendent facilement a -20 C°. Encore une fois la fin des subventions au gaz demandées par le FMI et le conflit à l’est risquent de provoquer un drame humanitaire pour ceux qui n’auront pas les moyens de se chauffer, ce qui doit peu inquiéter les oligarques ultralibéraux au pouvoir. La dévaluation forte de la devise ukrainienne continue de renchérir le cout de la vie d’une population donc le salaire minimum est inférieur de 30% au salaire minimum chinois. Cette situation porte les germes d’une tragédie et d’un nouveau soulèvement social de grande ampleur. Les premiers signes se font sentir : des violents affrontements ont éclaté entre les milices encore présentes sur la place Maidan de Kiev et le bataillon mobilisé par la ville pour faire évacuer cette place. D’anciennes milices alliées s’affrontent.

L’OTAN SOUFFLE SUR LES BRAISES
C’est dans ce contexte également que M.Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, s’est rendu à Kiev pour déclarer (pour ceux qui doutaient encore de l’implication Etatsunienne dans le conflit) que : « l’Otan travaille de manière encore plus étroite avec l’Ukraine pour réformer ses forces armées et ses institutions de défense » et « Nous conseillons l’Ukraine en terme de planification militaire et de réforme de la défense et nous sommes prêts à renforcer cette coopération ». Kiev est par ailleurs invitée au prochain sommet de l’OTAN qui se tiendra en écosse début septembre. On renforce l’option militaire, alors qu’il est plus qu’urgent de faire taire les armes…

UNE SOLUTION POLITIQUE POSSIBLE
D’autant plus qu’une solution politique est possible : différents sondages réalisés par un sociologue de l’université d’Ottawa, originaire d’Ukraine, ont montré que la grande majorité des ukrainiens du Donbass et de l’Est en général ne souhaite pas un rattachement à la Russie, pas un état indépendant, mais bien plus d’autonomie au sein de l’Ukraine.

http://www.washingtonpost.com/blogs/monkey-cage/wp/2014/07/20/what-do-citizens-of-ukraine-actually-think-about-secession/ Si l’on fait taire les armes, une solution est possible.

 Chronique ukrainienne : Il faut arrêter l’engrenage d’urgence
UN COURAGE POLITIQUE NECESSAIRE
C’est pour cela que notre diplomatie ne peut plus s’aligner béatement sur le soutien sans faille de Washington à ce gouvernement aventurier qui a préféré vider ses caisses jusqu’au dernier centime dans l’option militaire au détriment des aides sociales et des réformes institutionnelles indispensables à la stabilité de l’Ukraine. La France peut et a le devoir de réagir au plus vite pour arrêter cette tragédie humanitaire. Une tragédie qui pourrait se transformer en baril de poudre : la Russie a annoncé la mobilisation de ses réservistes pour un « grand exercice » entre aout et octobre… http://fr.ria.ru/defense/20140801/202011656.html

août 05

L’impasse Royal

L’impasse Royal

Adrien Quatennens – Lundi 4 Août 2014

 

Mur idéologique

Je n’ai pas trouvé meilleur exemple que le journal télévisé de ce soir, sur la principale chaine du service public, pour résumer le mur idéologique qu’il y a entre la Gauche progressiste et les tenants du capitalisme néolibéral. Etonnant ?

A la fin du journal, à la suite d’un « dossier » sur les vacances (images de parasols et de gens avachis les uns sur les autres sur des plages surpeuplées dont ne voit plus un grain de sable), la rédaction de la chaine nous propose un reportage qui montre le besoin qu’ont les gens de « déconnecter », de «rompre avec leur quotidien » et avec leur boulot. De prime abord, on peut se dire « belles images illustratrices des congés payés ». C’est sans compter la cerise sur le gâteau : un entretien entre le présentateur du journal télévisé et « un sociologue spécialiste du temps libre ».

Le sociologue fait l’éloge de ce besoin de déconnexion, du fait que l’Etre Humain n’est pas une machine et que, pour être un Etre complet, il a besoin de se « déconnecter » régulièrement, de passer du bon temps, de buller, de profiter avec famille et amis, de découvrir d’autres horizons, de s’adonner à d’autres activités. Jusqu’ici, tout va bien ou presque me direz-vous ! C’est ensuite que ça se gatte avec la question posée par le journaliste pour conclure son interview :

« Mais donc, finalement, le temps libre permet d’être plus productif ensuite ? »

Le voilà, le mur idéologique. Le journaliste n’est là qu’un exemple parmi des dizaines d’autres banalement quotidiens. Mais c’est bien là que se situe la fracture, la frontière entre ceux qui portent un idéal progressiste de Gauche et ceux qui portent l’hégémonie culturelle dominante.

Pour les premiers, le temps libre est une fin en soi car il permet aux gens de ne pas être que des travailleurs mais de lire, apprendre d’autres activités que l’activité productive, profiter en famille ou entre amis, se reposer et ainsi, par l’accomplissement de toute une palette diverse d’activités, de devenir un Etre Humain complet. C’est de là d’ailleurs que naît la bataille historique pour la réduction du temps de travail.

Pour les seconds, le temps libre est un moyen, celui de renouveler sa force de travail et ainsi (mais aussi par les consommations autorisées par ce temps libre) de concourir à la bonne santé de l’économie.

Pour les premiers, l’économie doit être au service de l’Humain.

Pour les seconds, l’Humain doit servir l’économie et en la servant, il pourra peut-être (et à plus ou moins grande et inégale échelle) en tirer son profit et donc une part du bonheur ambitionné.

Ici se trouve la ligne de front du combat culturel et idéologique que nous avons à mener. Même si cela est tristement déplorable, c’est peut-être là même que se situe la frontière entre la Gauche et le Parti Socialiste d’aujourd’hui. Ma transition est ainsi toute trouvée.

Transition ou trahison ?

Ségolène Royal a présenté son projet de transition énergétique et le conseil des ministres l’a validé.

Il en est de même pour Ségolène Royal et son projet que pour le journaliste de France 2 et le temps libre.

D’ailleurs, tout est dans le titre :

« Projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte »

Vous avez bien compris, c’est assez gros dans le titre ? D’ailleurs on se fout qu’elle soit verte, ce projet, c’est pour la croissance ! Il n’est donc pas là question d’une transition énergétique ambitieuse parce que la catastrophe écologique s’avance et que nous autres les français voulons être les précurseurs de la nécessaire bifurcation de notre modèle productif, non, non ! Il ne s’agit pas de cela ! En ligne de mire, en objectif, comme moi, vous lisez bien : « pour la croissance verte ». Pas question de faire autre chose que quelque chose qui concoure à ce que brille notre économie ! Et notre économie s’intéresse davantage à la croissance du PIB qu’au bien-être des gens et qu’à la soutenabilité sociale et écologique d’un modèle.

Parmi les choses que l’on trouve dans ce grand projet de transition énergétique au titre finalement plus grand que son ambition, il y a :

L’alignement sur les objectifs climatiques européens, la réaffirmation du choix nucléaire français (même si l’objectif est de diminuer la part du nucléaire dans le mix énergétique français pour la porter à 50% d’ici à 2025), la promotion de la consommation d’électricité comme « énergie propre » et l’émergence de la « voiture électrique ».

Mise à part cette « voiture électrique » dont on peut largement discuter, le secteur hautement stratégique des transports est littéralement laissé à l’abandon dans ce projet de « transition ».

De même, l’une des principales sources d’économies d’énergie que constitue l’efficacité énergétique des bâtiments est laissée aux choix des particuliers et de leurs moyens financiers.

Par conséquent, même avec une touche ça et là de développement des Energies renouvelables, de rénovation thermique et du (hourra !!!) « chèque énergie », on peut se poser la question de savoir si ce projet de loi n’est pas pour la France davantage une trahison qu’une transition.

Bien évidemment et encore à la lecture de ce projet, nous l’aurons compris : rien n’est plus important que la croissance !

Mais, soyons-en certains, mêmes repeints en vert pâle, le capitalisme et le libéralisme économique nous mèneront tout droit dans un mur qui lui, n’est pas qu’idéologique.

L’ambitieuse bifurcation : une nécessité !

Face au dérèglement climatique, à l’épuisement des ressources naturelles, à la crise énergétique, à la raréfaction de l’eau potable, à l’extinction de la biodiversité, à la production de déchets nucléaires, la bifurcation écologique à opérer est de grande ampleur.

Elle nécessite une vision politique de long terme, affranchie des logiques capitalistes et libérales.

C’est à une planification écologique complète qu’il faut travailler en repensant l’ensemble du modèle, de la production à la consommation en passant par les transports et la manière dont nous gérons l’espace.

Il nous faut reconstituer un grand Service Public de l’Energie capable d’être le moteur de cette transition d’envergure.

En réalité, c’est toujours le même constat : pour faire ce qu’il nous faut faire, nous devons reprendre le contrôle du temps long et nous affranchir des logiques court-termistes du capitalisme, de la concurrence, du chantage compétitif et du productivisme.

C’est possible. C’est ambitieux. C’est porteur d’avenir et sans doute meilleur pour tout, y compris pour une économie saine et durable basée sur d’autres items que la seule « croissance » dont on sait aujourd’hui qu’elle n’est pas garante du « Bonheur Intérieur Brut ».

Nous aurons besoin, pour le faire, de beaucoup de travail, de qualification et de savoirs.

Mais avant tout, ce dont nous avons besoin et dont nos actuels gouvernants manquent crucialement, c’est de volonté politique !

Il n’est aucun de nos rêves qu’une volonté politique ambitieuse ne puisse réaliser

Beaucoup de nos concitoyens ne souscrivent pas à l’idéal progressiste de la Gauche. Non pas parce que cela ne les intéresse pas mais parce que cela leur paraît « impossible », « inatteignable » ou encore « utopique ». L’hégémonie culturelle dominante est omniprésente. Elle est difficile à contester car à grands coups d’articles et de reportages quotidiens, les grands médias n’ont de cesse de porter pour seules « valeurs » au sommet la « compétitivité », la « concurrence libre et non faussée » et la « productivité ». Ajoutez à cela le grand renfort de l’épouvantail de la « dette publique » à qui l’on fait dire ce que l’on veut et le tour est joué, l’idéal se meurt.

C’est à nous de leur montrer qu’une économie sociale et écologique au service du bien-être de tous est possible. C’est à nous de leur montrer que le monde n’est pas condamné à la compétition et à la guerre, qu’elle soit armée ou économique. C’est à nous de leur montrer que nos rêves les plus grands n’ont pas besoin de beaucoup plus qu’une véritable volonté politique pour se réaliser. C’est à nous de leur montrer que cela n’est pas plus « impossible », pas plus « inatteignable » et pas plus « utopique » que ne l’étaient les congés payés en 1936.

La citation est bien connue mais il a tellement raison, le philosophe Gaston Bachelard, quand il dit :

« L’avenir, ce n’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons faire »

août 01

L’engagement n°59 se meurt et Jaurès doit se retourner dans sa tombe

L’engagement n°59 se meurt et Jaurès doit se retourner dans sa tombe

Adrien Quatennens – Lundi 28 Juillet 2014

Jamais qu’un reniement de plus

Ne faîtes pas semblant d’être surpris ! Ce n’est qu’un reniement de plus. François Hollande, quand il s’engage à ne pas augmenter l’âge de départ à la retraite l’augmente, de fait, par l’allongement de la durée de cotisation. François Hollande, quand il s’engage à renégocier le Traité européen sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, ne le fait pas et s’aligne sur les politiques insufflées par la Commission Européenne pour garder son diplôme de bon élève de la classe Europe.  Par conséquent, ne nous étonnons pas si, François Hollande quand il s’engage à prendre « des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine » et à soutenir «la reconnaissance internationale de l’État palestinien » laisse en fait le gouvernement Valls s’abstenir de condamner l’intervention israélienne à Gaza alors que les Nations Unies n’hésitent pas à le faire.

Cet engagement était le 59ème d’une liste de 60 que nous avions reçue dans nos boîtes aux lettres en Avril-Mai 2012.

Ainsi, sans doute, pour François Hollande et le gouvernement Valls,  interdire des manifestations qui exigent la fin de l’intervention militaire et d’un massacre, c’est prendre « des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine » et soutenir « la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien ». On apprécie l’originalité de la méthode.

Alors bien sûr, les projecteurs du grand spectacle médiatico-permanent n’ont rien trouvé de mieux à faire que de zoomer bien fort sur les actes de violence commis en marge de ces manifestations. Ces actes sont, certes, intolérables. Pour autant, le traitement médiatique de l’intervention militaire à Gaza laisse franchement à désirer.

Que croit faire de bon le gouvernement quand il interdit les manifestations, empêchant les citoyens d’exercer leur liberté d’expression ?

Voyons plutôt, la discipline et l’ordre des manifestations pacifiques autorisées et organisées. Elles n’ont qu’un seul mot d’ordre : Ca suffit ! Ca suffit les massacres ! Ca suffit la guerre ! Elles n’ont qu’un seul objectif : La paix !

Par les temps qui courent, dans le contexte géopolitique actuel, la recherche de paix dans le Monde demeure une priorité.

Jaurès doit se retourner dans sa tombe

La paix, il en est un auquel on pense en cette semaine de fin Juillet, qui s’est battu pendant les dix dernières années de sa vie pour qu’elle se maintienne. Il fût assassiné. La guerre ne fût point évitée.

Jean Jaurès, dont on commémore cette semaine le centenaire de sa mort, aurait bien à dire dans le contexte guerrier actuel.

De même, Jaurès doit se retourner dans sa tombe en entendant l’usage qui est fait de son nom. Hollande a ouvert la Valls il y a quelques mois en s’autoproclamant « successeur de Jaurès ». Manuel l’a depuis continuée en réutilisant le nom de Jaurès pour parler de son pacte de responsabilité.

Jaurès luttait pour un Socialisme abouti, il a obtenu il y a plus d’un siècle la loi fixant à 65 ans l’âge de départ à la retraite. Comment peut-on oser prétendre être son successeur quand on allonge l’âge de départ à la retraite à 66 ans un siècle plus tard ?!

Jaurès était un homme politique de Gauche, un vrai !

Il n’aurait sans doute pas toléré le quart de ce que fait le gouvernement actuel qui, sous une étiquette socialiste qui ne colle même plus, n’hésite parfois pas à faire pire que le gouvernement qui l’a précédé.

Il n’y a pas qu’au PS qu’on cite Jaurès. Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen l’ont aussi largement cité dans leurs meetings.

Si Jaurès les entendait, que dirait-il ?

A défaut de pouvoir l’entendre dire ce qu’il en dirait, souvenons plutôt de ce qu’il disait vraiment et, par exemple :

« Le Capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage »

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